One year later ...
« La plus grande fierté n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute » Confucius
- BEEEEELLAAAAAAA me héla de la salle de bain celle avec qui je cohabitais depuis peu .
Je lâchais un long soupir suivi d'un petit grognement. Je relevais ma tête le temps de la tourner vers la petite commode en pin de mon coté du lit et la reposais lourdement dans tout le confort que pouvais m'offrir mon moelleux oreiller . Je m'accordai fermer les yeux encore quelques secondes. Quelques minutes. J'allais me rendormir quand ma furie de colocataire me héla une nouvelle fois, mais moins distinctement cette fois-ci. Visiblement, enfin.. Audiblement, elle se brossait les dents.
- Be'a, t'a'use là, e un ton béjeuner va ête foid, de deux on ba fini' pa a'iver en'tad essaya-t-elle vainement d'articuler.
-Jade.. Dis-je dans un soupir, avec le sourire néanmoins, je n'ai compris un seul mot de ce que tu viens de me dire.
Je l'etendis pouffer. J'ouvris les yeux difficilement. J'avais encore peu dormi cette nuit, toujours hanté par les mêmes cauchemars depuis que...Je jetait un coup d'½il sur le réveil, exaspérée par mon amie, beaucoup trop matinale. Je m'assis sur le bord du lit et me mis a chercher mes pantoufles a tâtons. Quand je fini par les trouver, après un petit moment de concentration le temps que ma tête ne me tourne plus, je me levais, malheureusement j'avais mis trop d'enthousiasme dans ce geste et le destin voulu qu'au premier pas que je fis, je trébuche dans le bien trop grand pantalon de pyjama que m'avait si gentiment offert Jade à mon anniversaire. Alors que je m'attendais à m'étaler de tout mon long sur la douce moquette de la chambre, des mains me retentirent par les épaules quelques secondes avant ma chute théâtrale. Je levai les yeux vers la personne qui m'avait sauvée d'un douloureux écroulement et lui souris timidement. Mes joues s'empourprèrent de honte d'avoir été surprise dans un tel moment d'humiliation. Jade me regardait en souriant tendrement, non surprise par ma maladresse.
-Eh bien Bella, la journée commence bien ! Me sourie-t-elle.
Je fis la moue
-Tu l'a dit .. Ronchonnais-je.
Elle me jeta un bref regard protecteur s'assurant que tout allait bien, puis reparti dans la salle de bain.
Moi j'étais restée au même endroit, mal réveillée. Je sortis de la chambre et jetais un coup d'½il dans la salle de bain. Jade était resplendissante, comme à son habitude. Je me dirigeai vers la cuisine et souris bêtement en voyant qu'elle avait déjà tout préparé pour mon petit-déjeuner. Jade était tellement attentionnée, tellement adorable. Je fut encore une fois reconnaissante envers mon destin de m'avoir fait rencontrer le rayon de soleil qui éclaircirait une nouvelle fois mon insignifiante vie d'humaine après que.. Je fis un rictus de douleur en constatant que la plaie de ma poitrine tentait de se rouvrir. J'engloutis alors une bouchée de mon croissant et ronronnait de plaisir en constatant qu'il était encore tout chaud. Je remarquait posé sur le comptoir un sachet en papier taché de gras avec le nom d'une boulangerie qui ornait fièrement ce dernier. Elle avait pris le temps de passer à la boulangerie.. Trop attentionnée, vraiment. Je souris une nouvelle fois tandis que j'entendis les bruit de pas pressant de Jade dans le couloir. Je me retournait vers celle qui venait de faire irruption dans la cuisine. Elle me regarda interloquée.
-Bella ! Dépêche toi enfin, on va vraiment être en retard cette fois, et pas que de quelques minutes ! S'exaspéra-t-elle en me découvrant encore en pyjama.
-Oui chef soupirais-je en me tortillant sur mon tabouret.
Elle eu un bref rire amusé puis ouvrit le placard et en sorti un verre tandis que je m'activai a manger mon croissant. Elle pris la brique de jus d'orange et s'en servi. Alors que je commençais à débarrasser elle posa son verre et leva une main en l'air pour me faire signe de m'arrêter.
-Laisse, je m'en occupe. Toi, file te préparer me dit-elle en me poussant dans le couloir tandis que je rigolais.
-Merci Jade fis-je avec une mine de chien battu, espérant qu'elle pardonne encore une fois ma lenteur matinale.
Je m'enfermait dans la salle de bain, et me postai devant la grande glace qui surplombais nos deux lavabo respectifs. Je scrutais mon visage et découvris avec stupeur les énormes cernes qui étaient apparues durant la nuit. J'ouvris le robinet et m'aspergeai le visage d'eau froide. Aussi je tentais de dompter ma crinière mais renonçai bien vite et, exaspérée, jetai le peigne sur le rebord du lavabo. Je finis par me rendre dans ma chambre jugeant que si je prenais une douche j'allais prendre trop de temps. Là, je m'habillais en vitesse avec les vêtements que Jade m'avait sorti au préalable. Jade. Un rayon de soleil, celle qui m'avait sorti d'un état de pure agonie, celle qui m'avait involontairement réinsufflé le goût à la vie. Celle qui était là, chaque minute, chaque seconde auprès de moi. Celle qui s'était coltiné matin et soir dans un même espace confiné une Bella a demi morte sans jamais s'en plaindre. Je m'assis un moment sur mon lit, je songeai.
Flashback
Je marchais en titubant dans les couloirs, mes yeux cernés. Ma peau triste comme la pierre, blanche comme la neige, peinait à capter un moindre rayon de soleil. Je traînais des pieds, traînais des yeux, ne regardant que le sol, sentant tout ces regards braqués sur moi, entendant tout ces chuchotis à mon égard « oh, une revenante » « non mais regardez moi ça, elle sort de la tombe ou quoi ? ». Ils n'avaient pas tort. Même, j'avais trop de mal à en sortir. J'étais encore à l'agonie, ma douleur se faisait plus vive que jamais. Alors, je me dirigeais vers ma salle sûrement encore vide, ou je pourrais m'éloigner du brouhaha incessant, faire le vide, éponger les morsures d'un passé encore trop présent. Edward -cette pensée m'arracha un rictus de douleur, ma plaie s'infectai- reviens moi, prends ma vie, prend mon âme, car elles son tiennes, loin de toi elle ne sont rien. Tu a tout emporté avec toi. La vie, la raison, l'amour..
Je posai mon sac sur la table dans un grand fracas ne remarquant pas que deux ou trois élèves étaient déjà là. Je ne leur prêtais guère attention. J'avais mal, mal de tout mon être, mon c½ur enflait, je sentais les larmes remplir mes yeux, je les fermais aussi tôt, essayant de canaliser ma douleur, de l'atténuer. Je respirai frénétiquement. Un brouillard s'installa brusquement dans ma tête, elle me tournait, une migraine atroce s'empara alors de moi-même. Je mis mes mains sur mon visage et laissai échapper quelques larmes en silence. J'entendis un crissement de chaise. Peu m'importe, j'avais mal. Je senti une main fine, et frêle se poser sur mon épaule.
-Écoutes, je ne sais pas quoi te dire chantonna tristement cette voix douce et délicate, je ne pourrais pas te demander si tu va bien -elle eut une brève hésitation- vu que le contraire parait évident. J'aimerais t'aider, de n'importe quelle façon, si un jour tu a besoin de moi, je serai là me promis cette inconnue.
Je ne peux exactement définir ce que je pu ressentir à ce moment précis. C'était un sentiment étrange, d'incompréhension, de surprise, d'attirance envers la personne qui me tendait la main, cette sensation me déstabilisa. Je relevais alors les yeux vers elle, je ne sais quelle expression j'affichai car elle me décocha un sourire triste plein de compassion. Je scrutai son visage, elle, gênée apparemment avait retirée sa main de mon épaule et les avait jointes entre ses genoux. Elle était si belle, aux antipodes de moi-même. Je contemplais ses traits fins, naturels, gracieux. Sa peau était semblable a la mienne, assez blanche, ses cheveux ébène attachés, quelques mèches fines, ondulées se détachaient de sa queue de cheval. Elle paraissait épanouie, et était d'un naturel éblouissant. Elle me souriait toujours alors que je la dévisageai impoliment, je ne lui avait adressé aucunes paroles. Je détachais alors mon regard de ses yeux d'un bleu enivrant et me tortillai sur ma chaise, soudain honteuse de mon attitude. Je me retournais vers elle et fis un léger sourire, il n'atteignait que peu mes yeux, mais un soupçon de vrai s'en échapais. Sensation étrange, que de sourire.
-heu.. Merci dis-je en cherchant mes mots. Que pouvais-je dire de plus ?
Les jours passèrent et nous nous vîmes de plus en plus. Chacun de ses sourires coloraient l'air que j'inhalais, le rendant plus respirable. Elle exultait de bonheur, sans être une de ces pimbêches surexcités a qui on a envie de flanquer des baffes, non. Sa compagnie m'apaisait. Je ne sais pas exactement ce qui la poussait à trimballer un cadavre ambulant tel que moi. Moi, j'avais tout simplement besoin de sa présence, en tant qu'amie, me poussant à ne pas en savoir trop, mais assez pour devenir très proche d'elle. En réalité, c'était plus qu'une simple amie, c'était celle qui s'était accordé une place dans mon c½ur, et qui y avait insufflé un dixième de sa gaieté, rendant ma souffrance plus acceptable, auprès d'un être tel qu'elle. Tel que Jade.
FIN du Flashback
Nous étions à présent en route pour la fac, moi aux cotés de Jade, au volant, ne disant mot, me souriant tendrement de temps à autre. J'avais déversé quelques larmes en repensant a tout ça. Sans me départir d'un sourire aux airs nostalgique, comme dans les films tristes. Le mien n'en était plus un, il aurait une fin heureuse, je l'espérais, j'allais mieux, j'avais confiance, mais j'aimais toujours. Remettons ces réflexions à plus tard, concentrons-nous sur l'instant présent. Je me trémoussais sur le siège en cuir beige, m'y enfonçant confortablement, prenant une grande inspiration. Respire Bella, respire l'air coloré de ta nouvelle vie, respire.
-On est arrivé ma Bella
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Dois-je Changer mon Premier Chapitre ?
Dois-je zaper l'étape FAC ou raconter une journée de cour ?
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